M. Michel Chevalet
Témoignage de Michel Chevalet
Eté 49. Mois d’août. Un bel été comme on en a connu. J’allais avoir 10 ans. Suite à une chute dans le jardin familial, une mauvaise plaie ouverte sur le crâne. Les jours passent. La plaie ne se referme pas. Je suis pris de nausées, incapable d’avaler quoique ce soit. Vomissements, asthénie, puis c’est de la bile qui ressort. Le médecin de famille ne comprend pas. Un tout jeune interne, fraîchement installé, pose la bonne question : « Comment sont ses urines ? ». « Mais docteur, il n’urine plus depuis quelques jours », répond ma mère. La suite, un branle bas de combat. Hôpital Trousseau. Une prise de sang montre l’ampleur des dégâts : 3,5 g d’urée. « Si on ne fait rien, il va mourir », je l’entends dire par l’interne, mais ne le voit plus, je suis tombé dans le coma. « Pisses !! Un million de sucettes si tu pisses. Mais ne me fais pas de fièvre, sinon tu vas coaguler comme du blanc d’œuf ». Je l’entends me murmurer cela à l’oreille.
Et puis un beau matin, beaucoup de bruit dans ma petite chambre dont les vitres sont recouvertes de draps blancs. On installe le barnum pour la dialyse péritonéale. La valse des bocaux de sérum, et puis les yeux qui s’ouvrent. Ca y est, je revis. L’urée baisse. Mais ce n’est pas encore gagné. Quelques jours plus tard, une exsanguino-transfusion a permis d’attendre la remise en route des reins. J’étais sauvé. A Trousseau, j’étais le miraculé.
Je souhaite que cette journée mondiale du rein, permette de mieux faire connaître les maladies rénales et surtout, comment les éviter.
Depuis cinq ans, la Fondation du Rein met tout en œuvre pour mieux informer les patients par la publication de livrets pédagogiques et la création d’une carte de soins et d’urgence pour les personnes souffrant d’une maladie rénale. Grâce à la générosité des donateurs, la Fondation du Rein finance aussi des programmes de recherche.
Michel Chevalet
Journaliste

Fondation du Rein 2005-2009 - Q. Meulders