TEMOIGNAGES

Discours d'ouverture par Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN,

Ministre de la santé et des sports

 

 

Monsieur le Recteur, cher Patrick Gérard,

Monsieur le Président de la Fondation du Rein, cher Raymond Ardaillou,

Messieurs les vice-présidents, cher Thierry Dassault et cher Maurice Laville,

Monsieur le Président du Conseil scientifique, cher Pierre Ronco,

Madame la Marraine, chère Princesse Chantal de France,

Monsieur le grand témoin et administrateur, cher Michel Chevalet,

Monsieur le Président d’honneur, cher Richard Berry,

Monsieur le Maître de cérémonie, cher Nelson Monfort,

 

 

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

C’est pour moi un moment véritablement privilégié, que d’ouvrir, avec vous tous, cette soirée de Gala de la Fondation du Rein, à l’occasion de la Journée Mondiale du Rein, qui aura lieu demain.

 

Je connais bien la Fondation du Rein et sa profonde implication dans la lutte contre les maladies rénales.

 

Fruit d’une collaboration étroite entre la France, la Suisse et la Belgique, elle fédère plusieurs associations et compte à son actif de nombreuses réalisations de qualité.

 

Je pense notamment à la semaine de dépistage de l’insuffisance rénale, organisée en octobre dernier en partenariat avec la Fédération nationale d’Aide aux insuffisants rénaux (FNAIR) et qui a été un grand succès.

 

Je pense aussi à la conception et à la diffusion de la carte d’insuffisant rénal chronique.

 

Je pense enfin, bien entendu, à la Journée Mondiale du Rein, organisée demain sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et préparée, en France, en collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et l’Académie nationale de médecine. Elle permettra, je n’en doute pas, des échanges fructueux entre les patients atteints de maladies rénales et les médecins.

De telles initiatives recueillent mon total soutien.

 

*

 

Les maladies des reins concernent plus de 2 millions de nos concitoyens et leur coût ne représente pas moins de 2% des dépenses de l’assurance maladie.

 

Qui plus est, elles frappent un nombre croissant de personnes, en France et dans le monde.

 

Elles sont donc un problème majeur de santé publique et figurent au premier rang de mes préoccupations, comme de celles du président de la République et du gouvernement.

 

Le rein est la victime des tueurs silencieux que sont le diabète et l’hypertension artérielle. Avant de se déclarer, ces affections progressent insidieusement, sans bruit. Elles sont souvent ignorées du public et diagnostiquées tardivement.

 

Ce n’est pas acceptable.

 

C’est donc d’abord au service de l’information que nous devons unir nos forces.

 

En ce sens, je veux le souligner, les manifestations comme celle qui nous rassemble aujourd’hui ont un rôle indispensable à jouer.

 

C’est pourquoi je crois essentiel de mettre l’accent sur le diagnostic et la prévention.

 

Les personnes souffrant de diabète ou d’hypertension artérielle sont particulièrement exposées à l’insuffisance rénale chronique.

 

Or un dépistage régulier de l’insuffisance rénale, même modérée, chez ces personnes, associé à un traitement précoce, peut permettre d’éviter la maladie du rein ou, tout au moins, de retarder la mise sous dialyse.

 

Pour cela, l’éducation thérapeutique doit être une priorité absolue.

 

Point fort de mon action, elle vient de trouver sa place officielle dans mon projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires », soumis récemment à l’Assemblée nationale et très prochainement au Sénat.

 

Seule l’éducation thérapeutique, en effet, permet de prévenir efficacement les complications et d’améliorer les résultats des traitements néphroprotecteurs dans l’hypertension artérielle et le diabète.

 

*

 

Pleinement consciente de l’enjeu véritablement crucial que représente le combat contre les maladies rénales, j’ai situé les pathologies du rein au carrefour des différents champs de mon action en matière de santé publique.

 

Parce que la lutte contre le tabagisme et la sédentarité ou la recherche d’une alimentation équilibrée sont autant de moyens de prévenir les maladies rénales, le rein a toute sa place dans le second Programme national Nutrition santé 2006•2010, qui poursuit l’effort de sensibilisation et de dépistage des personnes à risque.

 

Parce que l’enjeu pour le patient est bien de comprendre les différentes étapes de sa maladie pour pouvoir intensifier la stratégie de prise en charge, le rein a toute sa place dans le plan d’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques. Mis en place en 2007, ce dernier visait à ce que chaque personne concernée puisse disposer d’une meilleure information et d’une véritable éducation.

 

Parce qu’il est concerné par les maladies rares, le rein a toute sa place dans le plan maladies rares, qui sera prolongé et renforcé par le nouveau plan, actuellement en cours d’élaboration et qui entrera en vigueur dès l’an prochain.

 

*

 

C’est d’abord la greffe, qui, chaque jour, permet de sauver des vies. Anonyme ou intrafamiliale – certains parmi vous le savent bien, la greffe est un précieux recours pour guérir les malades.

 

C’est aussi le don d’organes, qui, vous le savez, s’est vu attribué, pour cette année 2009, le statut de « grande cause nationale ».

 

En fin d’année dernière, près de 7000 patients attendaient un organe.

 

Sur ces deux solutions que sont la greffe et le don, l’agence de Biomédecine vient de lancer une grande campagne de réflexion.

 

Trop souvent, en effet, la peur, l’ignorance ou le silence empêchent un don que la personne, mieux informée, aurait pourtant souhaité.

 

Je souhaite donc que des initiatives d’information telles que cette Journée mondiale du rein ouvrent la voie, car je sais combien notre pays est capable de se mobiliser pour de belles causes. Il doit le faire pour les maladies rénales.

 

J’ai confiance en la générosité et en la solidarité de tous, parce que ce sont là des valeurs humanistes, qui ont fondé notre société et lui ont permis de progresser depuis toujours.

 

Alors qu’ont débuté en février dernier les Etats généraux de la bioéthique, il est important que chacun d’entre nous puisse, en conscience, aborder ces questions librement et faire connaître sa position à son entourage.

 

*

 

Nous sommes réunis ce soir dans un lieu de savoir et d’enseignement particulièrement prestigieux, dans lequel la connaissance domine.

 

Vous connaissez ma passion pour la musique et c’est avec un immense plaisir que j’écouterai dans quelques minutes, parmi vous, ces airs et chœurs d’opéra d’Europe que nous aimons tant.

 

Quoi de plus approprié, en effet, que la musique, pour faire sentir ce lien fraternel qui, toujours, doit nous relier les uns aux autres ?

 

Quoi de plus fort que le chant humain pour dire, mieux que les mots, la transmission et le partage, sans lesquels notre civilisation ne serait pas la même ?

 

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée », disait Platon.

 

Alors, je cède bien volontiers la place au langage des notes, en souhaitant qu’il parle à notre pensée et à nos cœurs, qu’il fasse surgir en chacun de nous le sentiment d’un destin collectif, auquel chacun, malade ou non, doit pouvoir prendre toute sa part.

 

Je vous remercie.

 

 

 

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Fondation du Rein 2005-2008 - Q. Meulders