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Président de l'association Trans-Forme
J'étais étudiant au moment où j'ai connu la dialyse. J'étais assez jeune la dialyse, pour moi, s'est accompagnée d'anémie, donc d'impossibilité de faire des efforts physiques. Quand on a 17 ou 18 ans et qu'on ne peut pas aller en boîte de nuit, qu'on ne peut pas manger ce qu'on veut, qu'on se fait doubler par les grands-mères dans le métro en montant les escaliers, c'est dur ! J'ai l'habitude de dire que si j'avais été un joueur d'échec, plutôt que quelqu'un de sportif, j'aurai beaucoup mieux accepté la dialyse.
La dialyse, pour moi, c'était la terreur, c'était vraiment le contraire de la vie. Je pense que c'est bien d'être manichéen parce que, finalement, je n'ai pas eu d'hésitation pour demander la transplantation. Si bien que j'ai été transplanté avec le rein de mon frère le jour de mes 20 ans. C'était donc un cadeau d'anniversaire.
12 ans plus tard, la maladie a récidivé. Là encore, j'avais tendance à penser que je n'étais pas prêt à retourner en dialyse. On dit toujours que l'on va se suicider si on y retourne enfin moi c'était un peu ce que je disais et puis, ensuite, on réfléchit quand même plus.
Et puis j'avais vu, lors de manifestations sportives, des dialysés faire d'excellents temps lors de compétitions. J'avais appris qu'en dialyse de nouveaux médicaments, notamment l'érythropoïétine, faisaient qu'on se sentait physiquement beaucoup mieux. Je ne serai donc plus doublé par les grands-mères dans le métro. C'était ma hantise.
Cela dit, j'ai essayé de devancer un peu l'appel et je me suis mis en liste d'attente assez vite : j'ai eu la chance de n'être dialysé qu'une semaine et d'être re-transplanté très vite. J'ai donc été transplanté une deuxième fois, c'est une très grande chance et ça dure depuis 1994.
Fondation du Rein 2005-2007 - Q. Meulders