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FNAIR, Président de l'AIR Bretagne
Je viens de Bretagne où on a la faiblesse de me surnommer Obélix. J'ai donc subi une greffe rénale au CHU de Rennes, ce qui prouve qu'il y a encore des chirurgiens courageux, dans la mesure où un chirurgien, en général, n'aime pas opérer une personne bedonnante.
Je voudrais dire, quand même, que cette maladie peut être dramatique. Nous avons malheureusement enterré, aujourd'hui, à Brest, notre président d'honneur Roger Potin qui, à 50 ans, est décédé après un long calvaire. Je voudrais aussi avoir une pensée pour tous ceux qui sont restés en dialyse. A l'heure actuelle, les deux traitements sont la dialyse ou la greffe. Pour ceux qui peuvent être greffé, je crois que c'est une bonne solution. Malheureusement, tout le monde ne peut pas l'être. Ayons une pensée pour ceux qui restent un peu sur le carreau. L’annonce du diagnostic de l'insuffisance rénale, et surtout du passage en dialyse, est quand même un coup de massue qu'on prend dans la figure. Pour répondre à une observation de ce matin, je crois que, dans le rapport médecin-malade, s'il faut dire la vérité, il faut annoncer le diagnostic, mais par étapes.
Il ne faut pas mentir, c'est une condition sine qua none de la confiance entre le malade et le médecin, mais le diagnostic d'insuffisance rénale doit être annoncé peut-être, à mon avis, progressivement.
Je voudrais dire qu'être soigné en France aujourd'hui de l'insuffisance rénale chronique et de pouvoir être dialysé ou être greffé est une chance. Il faut saluer le travail qui est fait en France, même si tout n'est pas parfait, et tirer un grand coup de chapeau au système de santé français, aux médecins et à tous ceux qui nous entourent.
Etre greffé, c'est vrai, est un privilège. C'est aussi une situation difficile à vivre et avoir été dialysé avant me permet de vivre de façon plus sereine la greffe et ses inconvénients et, surtout, les effets secondaires des médicaments. Sachant aussi, qu'un greffé, par définition, a toujours le regard fixé sur la créatinine comme l'avaient nos poilus sur la ligne bleue des Vosges.
Petit à petit, on acquiert une certaine sérénité, on se dit que c'est toujours ça de gagné. Le suivi médical est extrêmement lourd et fréquent. Même si les praticiens sont souvent aimables et gentils et si on a plaisir à les voir, on ne se plaindrait pas non plus si on les voyait moins souvent. Je voudrais rendre un vibrant hommage, à la fois à l'Etablissement français des Greffes et aux associations qu'on n'a pas encore citées ici, que sont les France Adot avec leurs groupements départementaux. Je crois qu'ils font un travail remarquable même s'il y a encore beaucoup à faire. Je voudrais aussi tirer un dernier coup de chapeau à notre environnement familial. Merci à nos épouses, éventuellement nos maîtresses. Merci, aussi, à nos enfants. Ceci étant, c'est quand même un itinéraire un peu difficile.
Fondation du Rein 2005-2007 - Q. Meulders